« Au sujet du contre-sommet et de l’alternative bienpensante en général »

« Au sujet du contre-sommet et de l’alternative bienpensante en général* »

Préambule : il s'agit ici de pointer les dérives d'un système afin que les militants de tous bords 
puissent mettre à distance leurs pratiques ; il s'agit d'une réflexion de longue date, qui gagne à 
entrer le débat public ; il s'agit de perturber les représentations, et de réaffirmer le primat de la 
lutte contre les inégalités sociales.

Qu’attendre de mouvements/organisations qui se prétendent révolutionnaires et qui sont en fait très hiérarchiques, proches du pouvoir, et en connivence avec des idéologies millénaristes et des courants sectaires ?

Pour info, une caution financière de Bizi est la droite catholique basque à travers Ela notamment, qui co-organise leur marche pour l’environnement ; une caution idéologique d’alternatiba est Edgar Morin, proche de l’anthroposophie (fondée par le pédagogue Steiner, penseur du nazisme vert : biodynamie…), qui a écrit « la voie », sorte d’aboutissement d’une « pensée complexe » c’est à dire qui prendrait en compte l’esprit / la spiritualité pour changer de paradigme et de civilisation.

Bêtement je pensais que « penser » était déjà en soi un grand travail visant à l’émancipation et que la civilisation était chez l’homme fortement liée à la nature de ses instincts sociaux (Darwin)…

Nous sommes dans une société laïque, même si macron a réussi un tour de passe passe récemment dans la loi de 1905, il est donc inadmissible de détourner les luttes anciennes par une moralisation (Saviez-vous que Gandhi disait que la non-violence devenait une lâcheté quand elle servait de prétexte à ne pas lutter pour ses droits, et contre l’oppression ? )…

La côte basque est farcie de pseudo-sages éclairés qui accaparent les subventions pour monter des projets méprisants à l’encontre des pratiques populaires et des actions sociales historiques.

Là en ce moment c’est la collapsologie qui essaime dans les milieux qui se croient intelligents et cultivés : pour Servigne (qui considère que Morin est son héros) et qui a totalement vrillé, la réalité a disparu au profit d’une religion qui cache son nom : l’Effondrement.

Pour nous anarchistes, c’est parce que certains êtres humains exploitent d’autres êtres humains depuis bien trop longtemps que notre rapport à la nature est perverti, que la situation écologique est désastreuse. C’est donc en mettant fin à cette exploitation que nous pourrons résoudre nos problèmes sociaux : car la nature est une construction sociale!

Attention aux promesses millénaristes (fin de la civilisation) qui depuis le 19e siècle abolissent le sujet, propose de le priver de sa liberté individuelle au nom de l’intérêt général, et neutralise la pluralité culturelle.

Des mythes sont soigneusement entretenus (de la surpopulation, de la raréfaction des ressources, de l’existence d’une « nature humaine », d’un gouvernement naturel, etc) et garantissent en fait l’accaparement des richesses par l' »éternel retour » de la classe dominante …..

Qui peut prétendre se passer aujourd’hui d’une analyse en termes de luttes des classes, au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi puissant ?

Si certains anars se sont retiré assez tôt de la plateforme, c’est justement parce que cette proposition de renverser la hiérarchie des revendications a été rejetée : à savoir 1 – lutte contre les inégalités sociales, l’aliénation, et l’exploitation.

C’est pourtant non négociable, parce qu’autrement, cela revient encore et toujours à préparer le terrain aux héritiers des bourgeoisies fossilisées dans des rapports de pouvoir, obsédés par leur image et leur position sociale.

Nous sommes capables de nous gouverner nous-mêmes en tout lieu et en toute circonstance !

Ni dieu ni maître !

 

*Texte issu d'un commentaire publié le 25 août 2019 sur facebook en réponse à une publication de 
SOS G7 Biarritz au sujet de l'annulation des actions de la plateforme, puis de façon autonome sur 
Nuit Debout Bayonne dans le cadre d'une réflexion sur les cautions idéologiques du macronisme entamée 
lors des Nuit Debout en 2016.