COMMUNIQUÉ « Sortie de la plateforme G7 EZ – Anti G7 »

 

Lors de la réunion du jeudi 13 juin 2019, le collectif anarchiste Indar Beltza a décidé de se retirer de la Plateforme d’organisation anti G7 — G7 EZ.

 

Évidemment conscients que la cause est hautement et impérieusement nécessaire, nous estimons que les conditions de rassemblement et d’organisation de la Plateforme anti-G7 ne présentent pas les conditions réelles du terrain et éludent les paramètres de dangerosité de l’événement dû au déploiement extraordinaire des forces de répressions de l’État sur le territoire basque.

Ainsi, l’État, par le biais de son corollaire préfectoral, responsabilise la Plateforme G7 EZ sur la sécurité et la bonne marche pacifiste des rassemblements de Bayonne à Irun durant la période du sommet et de l’occupation du territoire.

Étant donné que pour l’État et ses représentants, tout doit être sous contrôle et se passer dans une ambiance strictement « non-violente », prônée dès le départ par certains signataires de la Plateforme, les responsables de la plateforme seront prompts à condamner tout acte considéré comme « violent » !

Nous ne sommes pas dupes : la première violence sera celle exercée par l’Etat sous prétexte de sécurité dans un contexte de lutte des classes.

Question : Comment peut-on être responsable des actes d’un autre  ?

Chacun-e est libre de faire acte comme bon lui semble, là où on ne l’attend pas : ceci est incontrôlable.                    !! VIVE L’INCONTRÔLABLE !!

Mettre en place un événementiel daté et localisé, inséré dans un programme approuvé par les autorités municipales, départementales et ministérielles est d’avance biaisé : Le lieu du contre-sommet est complètement enclavé dans le dispositif.

Pour ces raisons entre autres (désaccord sur la priorité donnée au climatisme, caractère hiérarchique de l’organisation de la plateforme, opacité de la communication malgré les mandats, etc.), Indar Beltza ne peut accepter de participer à ce type de pourparler et de compromis avec les représentants de l’État, ce qui détermine ainsi sa décision de quitter cette Plateforme. Ces différents membres étant libres de s’y impliquer individuellement.

En revanche, il est nécessaire que tous les compagnons de lutte soient informés des conditions et des stratégies d’occupation des forces de répressions sur le territoire basque et qu’il n’y ait pas de rétention d’informations sur la réalité du terrain :

  • La zone d’exclusion s’étend de Dax jusqu’aux Pyrénées. Tous les hôtels et les campings sont inaccessibles car déjà loués par l’État, du 15 août au 15 septembre.
  • D’un côté l’océan comme frontière naturelle, de l’autre l’Adour et la Nive comme frontières fluviales avec quelques ponts très facile à bloquer.
  • Bayonne devrait être mise sous cloche pour éviter les « débordements ». Des caméras de haute précision truffent le territoire. Les villes proches de Biarritz seront stérilisées par les forces de répressions. Le territoire sera morcelé en entités multiples et isolées, accessibles par le biais de laissez-passers limités.
  • Il ne sera possible d’accéder aux trains que depuis la frontière ou de Dax. Impossible d’y accéder entre.
  • Des bases militaires supplémentaires sont implantées pour quadriller tout le territoire.
  • Les terrains de sports et les établissements scolaires sont militarisés, les communications vont être fortement encadrées (les réseaux de téléphonie mobile devraient être restreints, ou mis sous étouffoir).
  • Le centre de rétention pour migrants d’Hendaye (600 à 700 places) servira de lieu de garde à vue, la prison de Bayonne a été aérée pour permettre d’autres entrées, d’autres aménagements ont été mis en place. Une énorme machine à réprimer est effective.

Tous ces éléments et d’autres nous font craindre de grands débordements des forces de répression surtout après 8 mois de mouvements Gilets Jaunes.

Ce sommet du G7 est le bébé de Macron, sa vitrine diplomatique et médiatique à l’international. Il ne peut donc tolérer de « débordements ». De fait, le territoire est minutieusement sous contrôle ; la population de cette zone de non-droit est littéralement prise en otage sous le coup d’une occupation militaire. C’est une humiliation de plus que nous fait subir l’État voulant réduire à néant tout acte de résistance à l’oppression.

Un tel déploiement de force ne peut que générer des rancœurs pouvant entraîner troubles et violences. Tout « débordement » sera donc de la responsabilité de l’État et de ceux qui se disent responsables politiques.

Aussi, Indar Beltza, tout en refusant de collaborer au simulacre d’entente avec l’État, appelle tous les militants anarchistes, à tendances libertaires, sensibles aux idées d’équité, d’égalité, de liberté, et anticapitalistes, à une opposition et des actions fermes et résolues contre cet état de fait, et ce déni de démocratie.

!! Nous sommes ingouvernables !!

NI DIEU NI MAÎTRE !

 À BAS L’ÉTAT ET TOUTES LES FORMES DE PRISES DE POUVOIR !