Condamnation définitive: Solidarité avec Jean-Marc Rouillan

Le pourvoi en cassation du cofondateur du groupe armé d’extrême-gauche a été rejeté mardi, aboutissant à la condamnation définitive de Jean-Marc Rouillan.

 

La condamnation pour apologie du terrorisme de Jean-Marc Rouillan, cofondateur du groupe armé d’extrême gauche Action Directe qui avait jugé des djihadistes « très courageux », est désormais définitive après le rejet mardi de son pourvoi en cassation.

Pour avoir qualifié de « très courageux » les auteurs des attentats qui avaient frappé la France en janvier et novembre 2015, Jean-Marc Rouillan avait été condamné en mai 2017 en appel à dix-huit mois de prison, dont dix assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve. Il avait aussi été condamné à verser 1.000 euros à l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), partie civile.

Des propos tenus en 2016 au cours d’une émission de radio. Arrêté en 1987, Jean-Marc Rouillan, condamné deux fois à perpétuité pour les assassinats de l’ingénieur général de l’armement René Audran et du PDG de Renault Georges Besse, a passé 24 ans en prison, dont plus de sept à l’isolement, avant d’obtenir une libération conditionnelle en 2012. Le 23 février 2016, lors de l’enregistrement d’une émission de radio, il avait déclaré: « Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait », au sujet des djihadistes qui avaient frappé la France en 2015. « Ils se sont battus courageusement: ils se battent dans les rues de Paris » alors qu’ils « savent qu’il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d’eux », avait-il lancé, tout en se disant hostile à l’idéologie « réactionnaire » des djihadistes.

Dernier membre du groupe Action directe. Saisi d’un recours de Jean-Marc Rouillan, le Conseil constitutionnel avait validé en mai 2018 les textes réprimant l’apologie du terrorisme, suffisamment « précis pour éviter l’arbitraire » et n’occasionnant qu’une atteinte « nécessaire, adaptée et proportionnée » à la liberté d’expression. Jean-Marc Rouillan fut le dernier membre du noyau dur d’Action directe – groupe à l’origine de plusieurs attentats dans les années 1980 – à recouvrer la liberté.