Élan de solidarité pour Lola

« Gilets jaunes » et membres de la plateforme anti-G7 ont marché ce vendredi soir à Biarritz pour protester contre les violences policières et exprimer leur soutien à la jeune fille blessée par un tir de flash-ball.

 

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Au dos des gilets jaunes, de nombreux messages de soutien à Lola. © Isabelle MIQUELESTORENA

Le mot d’ordre était « Lola, Lola ! ». Environ 400 personnes se sont donné rendez-vous devant la mairie de Biarritz ce vendredi soir pour dénoncer les violences policières et transmettre à Lola un message de soutien. Les « Gilets jaunes » ont marché jusqu’à la Grande Plage, là où la jeune étudiante en art a été victime mardi dernier d’un tir de flash-ball.

« Elle est rentrée chez elle hier soir », glisse Alice, une amie d’enfance de Lola. Dans sa combinaison jaune de Pokemon, munie d’une boîte en carton ornée de photos d’elle et de Lola, la jeune fille sollicite la générosité des manifestants. Sur internet, la cagnotte solidaire a déjà atteint 2 363 euros.

« Elle a eu une première opération, mais elle devra en subir plusieurs autres » explique-t-elle. Touchée en plein visage, l’étudiante de 18 ans a perdu toute sa dentition. Son amie précise qu’elle ne souhaite pas s’exprimer pour le moment.

Yñaki Susa est une des figures des « Gilets Jaunes » au Pays Basque. Ce chauffeur-routier aujourd’hui au chômage occupe régulièrement le péage de la Négresse. Mardi, il se trouvait à quelques mètres de la jeune étudiante. « Au début, j’ai cru qu’elle avait trébuché. Je ne pensais pas qu’elle avait été touchée par un tir, parce qu’elle n’a pas crié ». Mais rapidement, il constate que Lola est en sang. Yñaki est convaincu que le policier l’a intentionnellement visée.

« Le pays des droits de l’ordre »

La marche se dirige vers la Grande Plage, où a été blessée Lola. Les « Gilets jaunes » scandent son nom, ou d’autres slogans comme « Police partout, justice nulle part ». Une jeune femme déclare que l’État français représente pour elle non pas le pays des droits de l’homme, mais « le pays des droits de l’ordre ».

Au micro, Monica, « Gilet jaune », liste les noms de toutes les personnes victimes de violences policières depuis le début du mouvement. Comme celui d’Antoine Boudinet, dont la main a été arrachée par une grenade à Bordeaux. Il participe lui aussi, avec sa famille, au rassemblement pour Lola.

Une minute de silence est observée, pour toutes ces personnes mutilées par l’impressionnant arsenal dont s’équipent les CRS pour assurer la paix civile lors des manifestations des « Gilets jaunes ».

« On a l’impression d’être en dictature »

Les « Gilets jaunes » livrent d’autres témoignages. Jeudi soir, Monica a participé au blocage du dépôt pétrolier de Tarnos. « Au petit matin, les policiers sont venus avec leurs chiens, pour nous déloger ». La présence des chiens les incite à partir aussi sec, sans protester.

Monica est révoltée par le « mépris » ressenti de la part du président Emmanuel Macron, et de la réponse policière aux revendications des « Gilets jaunes ». « On a le sentiment de perdre notre liberté. On a l’impression d’être en dictature » n’hésite-t-elle pas à dire.

A entendre les nombreux « Gilets jaunes » présents ce vendedi soir, le mouvement n’est pas près de s’arrêter là. Ce samedi, jour de l’acte VI, partout dans l’Hexagone, les « Gilets jaunes » bloquent dès le matin les péages des zones frontalières. Au Pays Basque, ce sera à la Négresse.

Source : https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181222/elan-de-solidarite-pour-lola