INDAR BELTZA AIME : Emma Goldman – Serge Quadruppani – Gaston Couté – Éric Sadin

Emma Goldman – Vivre ma vie

Quatre-vingt-sept ans après sa parution dans sa version originale en anglais, les éditions de l’Echappée publient enfin une traduction intégrale de Living my Life, les mémoires d’Emma Goldmann (1869-1940). Ce retard était d’autant plus dommageable que la grande Emma est une figure essentielle de l’histoire de l’anarchisme et de toutes les composantes antiautoritaires du mouvement ouvrier d’Occident et de Russie. On saluera l’effort de l’éditeur qui, en vendant 30€ un bouquin broché et illustré de plus de mille pages, se conforme aux vœux de l’auteur de publier un livre à la portée des bourses prolétaires. Avant de livrer deux passages donnant une idée de la richesse politique, historique et humaine de cet écrit, on laisse la parole aux traductrices, avec quelques paragraphes issus de leur préface.

lire la suite à cette adresse  https://lundi.am/Petrograd-le-5-mars-1921Alexandre-Berkman


 

Serge Quadruppani  – Le monde des Grands Projets et ses ennemis

Voyage au cœur des nouvelles pratiques révolutionnaires

Ce brûlant petit livre, écrit par un ardent compagnon de route de Notre-Dame-des-Landes, de la vallée de Suse et des « cortèges de tête » des manifestations de ces dernières années, a pour ambition de cerner la nouvelle subjectivité collective révolutionnaire qui émerge en de nombreux endroits de la planète : hétérogène, multiforme, d’une grande richesse culturelle et réflexive, parcourue de forces contradictoires mais unifiée par son ennemi même : le monde de la « révolution managériale » et de sa loi « Travaille ! », un monde qui est, indissociablement, celui des Grands Projets « inutiles et imposés », ces infrastructures (aéroports, barrages, parcs d’éoliennes, sites d’enfouissement des déchets nucléaires, etc.) qui accompagnent la métropolisation du monde et entraînent un peu partout la naissance de Zones à défendre.
Les Grands Projets représentent une nécessité pour un monde qui prétend être le seul possible et reposer en tous ses aspects sur la raison : la raison de l’économiste, celle du financier, de l’ingénieur, de l’aménageur, du manager. À cette irrationnelle rationalité qui ramène tout à la mesure de l’argent, il s’agit d’opposer une recherche essentielle en ces temps de catastrophe écologique, celle de la juste mesure dans chaque réalité : dans la production de tels ou tels objets aussi bien que dans les échelles de la vie en commun. Et d’inventer, en lien étroit avec ces territoires en lutte, des savoirs, des imaginaires, des contre-cultures qui rendront possible une autre société.

https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_monde_des_Grands_Projets_et_ses_ennemis-9782707199225.html

 

Gaston Couté – Œuvres complètes

Ce coffret cartonné propose le plus large corpus actuellement possible des œuvres du poète-chansonnier, poèmes, textes plus « politiques », théâtre, inédits variés, accompagnés de deux cahiers couleur de 16 pages dont l’un contient les dessins de Gaston Couté. S’y ajoute le disque d’un spectacle conçu notamment autour du virulent antimilitarisme de l’auteur, avec son livret.

TOME 1
CORPUS : Poèmes et chansons, chansons sociales et autres textes (récits, théâtre, manuscrits et courriers…), dessins de Gaston Couté.
NOTES et GLOSSAIRE. 580 pages, 15 x 22,5 cm – nombreuses illustrations, cahier couleur de 16 pages.

 

TOME 2
BIOGRAPHIE : Une vie bellement légendée d’Alain (Georges) Leduc.
ANNEXES : La Guerre sociale, rapports de police, témoignages (Pierre Mac Orlan, Maurice Héliot, Clovis, Fernand Desprès, Jehan Rictus, Bernard Dimey…),
Le Vent du ch’min, Le musée de Meung-sur-Loire, discographie…
340 pages, 15 x 22,5 cm – nombreuses illustrations, cahier couleur de 16 pages.

+ 1 CD LES CRIEURS (Michel di Nocera et Nicole Fourcade)
Autour de Gaston Couté – livret 15 x 22,5 cm, 32 pages.

https://editions-libertaires.org/

Éric SadinL’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle

Anatomie d’un antihumanisme radical

C’est l’obsession de l’époque. Entreprises, politiques, chercheurs… ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l’émergence d’un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L’objet de cet enivrement, c’est l’intelligence artificielle.
Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L’intelligence artificielle est appelée, du haut de son autorité, à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines. Désormais, une technologie revêt un « pouvoir injonctif » entraînant l’éradication progressive des principes juridico-politiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d’action.
Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d’actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une « main invisible automatisée », où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d’être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes. Il s’avère impératif de s’opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l’incertitude inhérente à la vie. Tel est l’enjeu politique majeur de notre temps.
Ce livre procède à une anatomie au scalpel de l’intelligence artificielle, de son histoire, de ses caractéristiques, de ses domaines d’application, des intérêts en jeu, et constitue un appel à privilégier des modes d’existence fondés sur de tout autres aspirations.

https://www.lechappee.org/